Il y a celles qui courent les magasins, celles qui courent après les hommes qui ont de l'argent, celles qui courent chez l'esthéticienne.
Il y a les proustiens qui courent après le temps perdu (ou après une madeleine):Il y a ceux, affectés d'une bonne gastro-entérite aiguë infectieuse, qui courent aux WC.
Comme disait mon grand-père (avec son air malicieux), tandis que les morts couraient (à Maurecourt), les cons flânaient (à Conflans).
Il y a ceux qui courent à Pékin Express (qui n'est pas à Pékin).
Il y a ceux qui courent en cours (de sport) et s'arrêtent toutes les 2 minutes avec le souffle court (mais encore assez long pourpouvoir râler...).
Il y a ceux qui courent des risques, qui courent aux devant des ennuis.
Ceux qui cour...tisent, ceux qui courent et qui tisent.
Et il y a ceux qui courent tout simplement, qui courent point à la ligne : c'est ceux-là qu'on admire sans les comprendre, c'est à ceux-là qu'on veut ressembler et c'est à cause de ceux-là qu'un beau jour on décide de s'acheter une bonne paire de baskets et un survêtement neuf pour se mettre au jogging.
Alors il y a ceux qui au bout de quelques foulées se demandent bien ce qui leur a pris, ce qu'ils font là : ils ont un point de côté, le nez qui coule, le genou qui fait mal, et puis le nez se met à saigner à force de se moucher et ils ne peuvent plus bien respirer, ils pensent qu'ils vont mourir sur place.
Et il y a ceux qui se prennent au jeu, qui trouvent bon de courir pour rien.

